boîte de crayons de couleurs avec 80 nuances

Pourquoi les enfants bloquent-ils en dessin? 1 – On ne dessine pas assez!

photo montrant des mains d'enfant avec un dessin grand format d'un arbre sur fond violet
gros plan sur les mains d'enfant en train de dessiner une spirale et des étoiles sur une feuille bleue
palette de peinture avec les couleurs primaires et le blanc

Je commence une série d’article répond au désarroi de nombreux parents : voir que son enfant aimerait dessiner, mais bloque très rapidement.

L’enfant se lance, se heurte à une difficulté, puis se décourage. Après plusieurs épisodes de ce type, de nombreux enfants ne vont même plus essayer. Je vous propose ici de s’interroger sur les différents enjeux et processus impliqués dans le fait de dessiner: cela nous donne des explications, et des solutions!

On ne dessine pas assez!

Un premier facteur qui contribue à ce que les enfants ne soient pas à l’aise en dessin et se découragent, est l’environnement dans lequel ils évoluent au fil de années: la place du dessin (espace et temps dédié) diminue au fil du temps, avec de moins en moins de conseils au quotidien.

Le piège est sans doute qu’au départ, les enfants dessinent spontanément, et que cette activité est très présente à l’école maternelle. Mais ensuite, le dessin prendra de moins en moins de place: plus l’enfant grandit, moins on l’incite à dessiner… Or, c’est paradoxalement au moment où l’enfant gagnera en maturité, et aura potentiellement le plus d’idées, qu’il se heurtera au décalage entre ce qu’il aimerait réaliser et ce qu’il sait faire.

Dans leurs premières années, les enfants dessinent spontanément. On se pose peu de question à ce sujet, tant l’enfant va de lui-même pratiquer cette activité.
Or, au fil des années, d’une part il y aura de moins en moins de stimulation créative (conseils, temps dédié au dessin à l’école), de l’autre, un environnement de plus en plus conformiste quant-au dessin. Notamment, le fameux dessin du bonhomme, et l’omniprésence des soleils dans les dessins d’enfant relèvent en fait d’une attente sociale très forte*… au détriment de la créativité de l’enfant.

* Sources: article « Pourquoi les enfants dessinent-ils des soleils » dans 24 heures (article de Fabien Lapierre), et « Pourquoi le dessin est essentiel au développement des enfants » (France Culture, émission Etre et savoir du 23 mai 2026)

Les attentes sociales et les commentaires conformistes (n’encourager et valoriser l’enfant que quand un dessin est réaliste, conforme aux attentes, productif) briment la créativité et l’élan des enfants. Tout l’enjeu est que l’enfant puisse rester dans le « faire pour soi », qui lui permettent de dessiner en étant absorbé dans l’instant où il dessine, plutôt que de dessiner en étant déjà préoccupé et donc parasité par le « que va-t-on penser de mon dessin ».

Revenons aux différentes étapes du parcours scolaire des enfants: à l’école maternelle, on dessine beaucoup. Aussi, parce que l’activité graphique va amener peu à peu à l’écriture. A l’école primaire, on demande aux enfants d’illustrer des cours, des poésies, et différents apprentissages. Au collège, le dessin a déjà quasiment disparu.
A cette diminution progressive et insidieuse, s’ajoute un deuxième facteur: le dessin est pour le jeune enfant un moyen de s’exprimer à un âge où il ne sait pas encore écrire. L’enfant apprenant puis progressant en lecture et écriture, le dessin n’est plus indispensable, l’enfant acquérant de nouveaux moyens de s’exprimer (source: article « Pourquoi (presque) tous les enfants aiment dessiner », article dans Beaux-Arts Magazine, par Malika Bauwens).

En grandissant, les enfants puis pré-adolescents en concluent même que « le dessin, c’est pour les petits » ce qui achève de les désintéresser à cette activité.

Un premier conseil est donc de vous interroger sur la place accordée au dessin dans la vie de votre enfant au fil des ans: le temps, l’espace consacré, les apports extérieurs (occasions de pratiquer lors de cours et ateliers où l’enfant recevra des conseils), les sources d’inspiration (livres illustrés, images), et d’encourager des créations libres, ne devant pas se conformer à telle ou telle attente.

gros plan sur un enfant dessinant un paysage sur une grande feuille jaune
crayons de couleur dans les nuances ocre, jaune, orange, rouge
gros plan sur une peinture d'enfant en cours de réalisation

Finalement, l’enfant est souvent très seul face au « comment » et au thème du dessin. Peu d’adultes ont une pratique du dessin qui et sont à même de pouvoir donner les bons conseils, tout en laissant le maximum de liberté.
Oui, le dessin est une activité solitaire dans le bon sens du terme: une activité introspective, calme, contemplative, mais cette pratique demande quand même à être nourrie et stimulée de façon subtile.

Manque de temps, d’espace, de références, de conseils: finalement, c’est au moment où l’enfant a des images plus ambitieuses en tête qu’il risque de bloquer, faute de moyens.

Dans le second volet de cette série, nous parlerons du décalage entre l’image mentale et le rendu sur le papier.

gros plan, main d'enfant dessinant des feuillages sur une grande feuille bleue
grand dessin d'enfant représentant un arbre et des chats
grand dessin d'arbre sur fond bleu foncé, main d'enfant en train de dessiner
Publié le 2 juin 2025
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