Pourquoi suivre un cours d’éveil musical?
Faut-il inscrire son enfant directement à un cours d’instrument, ou commencer par un cours d’ « éveil musical » ou « initiation musicale »?
Votre enfant est attiré par la musique, ou vous souhaitez lui proposer cette activité? Rien de tel qu’un cours d’initiation musicale pour lui permettre de faire développer son écoute en lien avec sa motricité, de façon ludique, progressive et adaptée à son âge.
Mais surtout, il ne « faut » rien du tout : voici tout ce qui est possible. Vous pourrez proposer à votre enfant un atelier ponctuel ou un cours régulier de musique et voir si cela lui plaît.
J’avais développé les compétences pour enseigner le violoncelle dès l’âge de 4 ans, mais c’est en enseignant l’initiation musicale que j’ai compris qu’à cet âge, il est bien plus intéressant de participer à un cours d’initiation musicale.
Avec une approche de la musique plus globale, les enfants développent l’écoute en lien avec le mouvement, manipulent de petits instruments plus accessibles, apprennent par le jeu, en interagissant avec d’autres enfants.
Commencer un instrument le plus tôt possible est un non-sens du point de vue psychomoteur et cognitif!
Entre 4 et 6 ou 7 ans, l’idéal est d’avoir un approche musicale large. L’apprentissage d’un instrument précis (violoncelle, piano, flûte, etc) comportera un lot de contraintes, sollicitera la motricité fine de façon prématurée, et déconnectée du mouvement global.
Alors oui, il existe de tout petits violoncelles, taille « seizième », et la méthode Suzuki incite à commencer l’apprentissage extrêmement tôt à à 4 ans, voire 2 ou 3 ans : pour moi, c’est un non-sens! Il faut se demander aussi pour quelles raisons un tel système éducatif a été mis en place, et pourquoi les parents y inscrivent leurs enfants.
Trop souvent, les enfants sont poussés à commencer prématurément. Parfois, dans le but d’en faire des prodiges, d’envisager des compétitions et atteindre un certain prestige. D’autres fois, parce que l’on pense simplement bien faire en commençant la musique le plus tôt possible.
Commencer un instrument à l’âge de 3, 4 ou 5 ans, c’est commencer à un âge où l’enfant n’est pas en mesure de choisir son instrument, ni même de savoir s’il a envie de faire de la musique. En revanche, à cet âge l’éveil musical est tout à fait pertinent: axé sur la découverte, la dimension sensorielle de la musique, et partant de la curiosité de l’enfant.
Un accès à la musique par une approche libre, ludique et ouverte sera bien plus profitable au jeune enfant… et lui laissera le temps de mûrir son choix d’instrument!
Avant 4 ans, on peut participer à des ateliers musique pour les tout petits, ponctuellement ou de façon régulière. Je donne des ateliers musique parent-enfant pour les bébés et tout petits, de 0 à 4 ans. C’est très beau de les voir écouter, réagir, s’intéresser aux sons qu’ils entendent, et produire eux-mêmes des sons avec des petits instruments.
Cela dit… souvenez-vous que ce n’est pas une obligation! Actuellement, les parents reçoivent mille injonctions d’éveiller leur enfant à absolument tout. On entend parler aussi d’ « effet Mozart » alors que c’est totalement faux (voir Samah Karaki, neuroscientifique et Michel Rochon, journaliste scientifique). Alors, faites-le si cela vous fait plaisir, si vous avez envie de passer un moment de partage et de complicité avec votre enfant.
A partir de 4 ans, j’aime beaucoup le cours d’initiation musicale, que je propose en format hebdomadaire ou bi-hebdomadaire. On va pouvoir développer l’écoute et le jeu musical au fil des semaines, on va pouvoir construire des apprentissages par l’expérience, avec des instruments du monde, des incitations et consignes ludiques. On va chanter et même inventer nos propres chansons, chercher les notes sur le piano, le xylophone et la harpe, faire des jeux avec les noms des notes et les rythmes… Bref, faire des jeux et de la musique pour apprendre à jouer de la musique.
Je propose aussi ateliers ponctuels, pour permettre aux enfants de venir plusieurs fois ou juste une fois. Dans ces ateliers, on joue de la musique : instruments du monde, percussions, clochettes et carillons, harpe… Les enfants interagissent, écoutent le son qu’ils produisent en lien avec les sons qu’ils écoutent. J’invente des jeux pour structurer tout cela. En jouant de la musique, les enfants apprennent à écouter et faire le lien entre leurs gestes et les sons qu’ils produisent. Je pense que cette possibilité « entre-deux » (on n’aborde pas les noms de notes, ni les notations rythmiques) est important pour sortir du « tout ou rien » : s’inscrire complètement dans un cursus musical ou ne pas faire de musique du tout.
Que ce soit en ateliers ponctuels ou en cours réguliers, j’adore voir un enfant arriver en me disant « Elise! J’ai une idée! » et hop il m’explique, et on la met en œuvre. Je ne prévois pas en avance ce que l’on va faire pendant le cours : cela dépend des enfants, de ce qui les intéresse et ce à quoi ils sont réceptifs ce jour-là. Les instruments peuvent devenir, dans l’imagination : des îles, des barrages de castors, des champignons, des fleurs ou encore de la salade!
C’est quand l’enfant a pu inventer, rire, partager, et éprouver du plaisir, qu’il va se souvenir de ce qu’il a fait, et vouloir continuer d’apprendre.
Je précise qu’il n’est pas « obligatoire » de suivre un cours d’initiation musicale avant de commencer l’apprentissage d’un instrument: tous les chemins sont possibles.
Il n’y a …
– Aucune obligation de faire de la musique
– Ni de le faire tôt
– Ni d’apprendre à jouer d’un instrument !
Faire de la musique, on sait que c’est bon pour le cerveau, mais je précise immédiatement : pas si c’est contraint, subi et que cela n’a pas de sens!
Si vous avez proposé la musique (éveil musical ou instrument) à votre enfant et que cela lui plaît, il faut trouver le bon professeur, le bon contexte. La musique est un plaisir : c’est à la fois le but et le moyen de l’apprentissage!
Il y a déjà bien assez de contraintes dans la vie, avec l’organisation pratique, l’école, le quotidien, pour ne pas s’imposer une pratique parce que ce serait bien dans l’absolu.
Un enfant peut commencer l’apprentissage d’un instrument plus tard : je suis témoin de parcours magnifiques au violoncelle, quel que soit l’âge où mes élèves ont commencé : 5, 6, 8, 11, 16, 19 ans… ce qui compte, c’est d’avoir envie d’apprendre et d’aimer la musique, et de pouvoir apprendre dans un cadre non compétitif.
Alors, si vous devez retenir une chose, c’est bien cela : ne vous mettez aucune pression quant-à la musique. Il faut que ce soit le bon moment, avec les bonnes personnes. Le cours d’éveil musical n’est pas une case à cocher dans l’éducation parfaite d’un enfant. Il est par contre bien plus intéressant que des débuts prématurés à l’instrument.
